Le Devoir, Alexandre Shields, 29 octobre -12h20
Le «permis» accordé à l’APM n’a pas été rendu public comme le prévoit la Loi sur les espèces en péril.

Photo: Alexandre Shields Le Devoir L’Administration portuaire de Montréal prévoit la construction d’une digue «en enrochement» de 327 mètres et d’«un brise-lames en enrochement» de 316 mètres dans le fleuve. Ces structures seront implantées en amont du futur port, dans le secteur de l’île aux Boeufs (notre photo), qui fait partie des îles de Verchères.
Le gouvernement fédéral assure avoir respecté la Loi sur les espèces en péril en accordant à l’Administration portuaire de Montréal (APM) le « permis » qui l’autorise à détruire des portions de l’habitat essentiel protégé du chevalier cuivré pour compenser d’autres destructions de l’habitat prévues en lien avec le projet de port industriel de Contrecœur. Le permis en question n’a toutefois pas été publié comme le prévoit la Loi.
Le Devoir a révélé lundi que Pêches et Océans Canada avait autorisé l’APM à détruire des portions de l’« habitat essentiel » protégé afin de construire deux digues de roches directement dans le fleuve Saint-Laurent. Ces structures serviront à implanter des « aménagements compensatoires » d’habitats du chevalier cuivré, une espèce protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril.
Ces digues, qui formeront des structures totalisant plus de 600 mètres, font partie du projet soumis par l’APM afin d’obtenir par la suite l’autorisation de draguer le lit du fleuve pour construire le mégaprojet portuaire de Contrecœur. Ce dragage, sur une superficie équivalente à 20 terrains de soccer, détruira des portions de l’habitat du chevalier cuivré, qui est « en voie de disparition ».
Avant d’aller de l’avant avec le début des travaux du futur port soutenu financièrement par Québec et Ottawa, les promoteurs devront toutefois obtenir un « permis » en vertu de la législation qui protège les espèces en péril au Canada. Les démarches sont en cours depuis quelques années, et ils n’ont toujours pas obtenu le feu vert.
Le Devoir a donc demandé lundi à Pêches et Océans Canada si l’APM avait obtenu, comme elle le soutient, le « permis » qui l’autorise d’abord à détruire des portions de l’habitat dans le cadre de son projet de compensation autorisé le 9 octobre.



