Le Devoir , Alexandre Shields, 27 0ctobre
Port de Montréal veut réduire celui du chevalier cuivré pour compenser les impacts sur ce poisson menacé.

Photo: Alexandre Shields Le Devoir L’Administration portuaire de Montréal prévoit de construire une digue «en enrochement» de 327 mètres et «un brise-lames en enrochement» de 316 mètres dans le fleuve. Ces structures seront implantées en amont du futur port, dans le secteur de l’île aux Boeufs (notre photo), qui fait partie des îles de Verchères.
L’Administration portuaire de Montréal (APM) détruira des portions de l’habitat essentiel protégé du chevalier cuivré pour compenser d’autres destructions de l’habitat essentiel de l’espèce prévues avec le mégaprojet portuaire de Contrecœur, a appris Le Devoir. L’autorisation accordée par le gouvernement fédéral contourne les règles environnementales, dont la Loi sur les espèces en péril, affirme la Société pour la nature et les parcs du Québec.
Dans le cadre du projet de port industriel, l’APM prévoit de détruire des habitats essentiels protégés de cette espèce endémique au Québec qui est classée « en voie de disparition ». Avant de pouvoir aller de l’avant, les promoteurs doivent toutefois obtenir un « permis » en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Les démarches sont en cours depuis quelques années et ils ne l’ont toujours pas obtenu.
L’APM a cependant développé un projet d’« aménagements compensatoires » censé permettre de recréer de l’habitat propice à ce poisson. Elle espère ainsi obtenir le permis qui lui permettra de lancer les opérations de dragage du fleuve Saint-Laurent nécessaires à la construction du nouveau port de transbordement de conteneurs.
Le fédéral a autorisé le projet de compensation le 9 octobre. La décision, qui se résume en quelques lignes et qui réfère à un « rapport » qui n’a pas été publié, indique que le gouvernement et l’APM ont déterminé que le projet « n’est pas susceptible de causer des effets négatifs importants sur l’environnement ».
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