La Presse, Stéphane Blais – La Presse canadienne – 18 octobre 10h23

PHOTO CHRISTOPHER KATSAROV, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE – Le terminal maritime de Contrecœur
(Montréal) L’Administration portuaire de Montréal (APM) ne demandera pas de permis à la Ville de Contrecœur pour faire des travaux en sol contaminé sur les rives du Saint-Laurent et pour abattre des milliers d’arbres. Cette situation inquiète des citoyens qui, par ailleurs, peinent à saisir les impacts qu’aura ce grand chantier industriel sur l’environnement.
Hélène Reeves vit sur les rives du Saint-Laurent, à une dizaine de kilomètres du port de Contrecœur, où débutent des travaux qui dureront plusieurs années et qui incluent le dragage du Saint-Laurent pour aménager l’aire d’approche des navires et ainsi augmenter la capacité du port de Montréal d’environ 60 %.
La riveraine de la ville de 10 000 habitants s’inquiète des répercussions des travaux sur le fleuve, entre autres parce que l’inventaire des terrains contaminés de Contrecœur indique que les eaux souterraines et le sol de certains lots qui appartiennent au port sont, en raison du passé industriel du site, contaminés par des produits pétroliers et différents métaux : cadmium, cuivre, nickel, plomb et zinc.
« Ils prévoient pomper jusqu’à 1400 m3 d’eau directement du fleuve par jour pour arroser les terrains où il va y avoir de la construction. Donc, dans la mesure où on arrose les terrains qui sont en construction, qui sont possiblement des contaminants, comment tout ça va retourner dans le fleuve ? Comment ils vont contrôler les eaux de ruissellement ? », demande Mme Reeves, porte-parole de Vigie Citoyenne Port de Contrecœur.
« Le conseil municipal ne peut pas choisir de ne pas faire respecter ses règlements. C’est un non-sens. » Hélène Reeves, porte-parole de Vigie Citoyenne Port de Contrecœur
Hélène Reeves fait notamment référence au règlement sur les permis et certificats de sa municipalité.
L’article 33 de celui-ci stipule qu’un promoteur qui souhaite effectuer des travaux de construction sur un terrain contaminé doit obtenir un permis de la Ville.
Selon l’article 32 du même règlement, un promoteur qui veut abattre des arbres (APM compte en abattre 13 000 dans le cadre de l’agrandissement du port) doit aussi obtenir un permis de la Ville.
« David contre Goliath »
Le 1er octobre dernier, le jour où APM a annoncé que les travaux préparatoires étaient sur le point de débuter, Hélène Reeves s’est présentée à la séance du conseil municipal de Contrecœur pour demander à la mairesse Maud Allaire si elle comptait faire respecter les règlements de la Ville concernant l’octroi de permis.
La mairesse a répondu que l’Administration portuaire de Montréal (APM) a fait savoir « qu’elle ne demanderait pas de permis à la Ville parce que c’est un projet fédéral ». Par conséquent, a ajouté la mairesse Allaire, « on a décidé de suivre les recommandations de nos aviseurs juridiques » qui nous conseillent « de négocier une entente de bénéfices mutuels au lieu d’aller en cour, avec les frais juridiques et se battre contre Goliath, le fédéral » et « peut-être ne rien avoir en retour ».



